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A la rencontre des éleveurs de rennes en Mongolie

November 15, 2018

Portant un intérêt très particulier envers les minorités ethniques et les groupes indigènes, cette fois notre curiosité nous a emmené à l’extrême nord de la Mongolie et plus exactement à la Taïga. Une région frontalière aux confins de la Sibérie dans laquelle nous avons eu l’immense privilège de rencontrer et de passer quelques jours avec les « Tsataan » Ces fascinantes tribus de familles nomades qui compte parmi les derniers éleveurs de rennes au monde

 


On les appelle aussi les dukhan et si aujourd’hui on les qualifie en tant que « rares » c’est parce Sur les 500 derniers représentants mongoles de cette ethnie nomade unique, ce sont à peine 200 individus qui continuent de vivre au rythme des saisons et des transhumances comme leurs ancêtres. Les autres se sont soit convertis au nomadisme mongole classique soit sédentarisés et adaptés au confort promis par la société moderne. 

 

 

Le mode de vie des Tsataans est intimement lié à leurs rennes, car ces derniers servent à subvenir à la plupart de leurs besoins.
Tout d’abord les rennes représentent le moyen de transport principale des éleveurs. Ils s’en servent pour se déplacer d’un camp à un autre mais aussi pour aller chasser le wapiti et le sanglier sauvage.
Ensuite, leur lait est transformé en produits laitiers, leur fourrure en habits et couvertures, et leurs cornes en dague ou autres petits gadgets.
Par contre, ce qui est très touchant c’est que les éleveurs mangent très rarement la viande de leurs rennes.
Seulement s’il s’avère nécessaire ou s’il y a pénurie dans leurs autres ressources.

 

 

Arriver jusqu’au Tsataans

La région de la Taiga est bordée par la Russie à l’ouest, la vallée de Darkhad et le lac Khövsgöl.
Pour y accéder il faut avoir une autorisation spéciale, obtenue généralement par le guide ou bien le chauffeur qui vous y emmène.

Pour être honnêtes, arriver jusqu’au camp des Tsaatan n’était pas vraiment une partie de plaisir. 

çà a commencé par un long trajet en bus de la capitale Ulaan Baatar jusqu’à Mörön (également connu sous le nom Murun).

Un trajet qui était supposé duré 12h mais qui en a finalement duré 18 à cause des routes bloquées par la neige.

Ensuite depuis Moron, nous avons préféré faire un détour de 2h pour passer quelques jours à Hatgal et faire du bénévolat chez une famille nomade avant de poursuivre notre route vers le village TsagaanNur.

 

 

10h de route sur un chemin de terre aléatoire qui traverse montagnes, steppes et même rivières. 

Après la nuit passée à Tsagaan Nuur, c’est à dos de cheval ou bien de renne qu’on se rends enfin à la Taiga.
Et puis comme les tsataan bougent plus que 5 fois par an, la randonnée peut durer entre 2h et 8h.
Cela dépends d’où est ce qu’ils sont au moment de la visite.
En ce qui nous concerne, Nous avons eu la chance de visiter deux familles. L’une d’entre elle était à 3h de randonnée, et l’autre à seulement 1h.

 

Les randonnées étaient courtes, mais pas faciles pour autant. Il fallait traverser une forêt boueuse, aux pentes rocheuses et au sol marécageux avant d’arriver à la Taiga.

Heureusement, le chemin peu confortable était compensé par un paysage époustouflant.

Entre les étages de la vallée verdoyante, les prairies, les forêts de mélèzes de Sibérie et les grands buissons qui composaient la taïga, nos yeux étaient constamment écarquillés de stupéfaction !

Enfin chez les Tsataans.

Les Tsataans vivent encore sous des « yourtes », de grandes tentes similaires aux tipis amérindiens dressées sur des poteaux de bois et couvertes par un tissu très épais. A quelques centaines de mètres du camp, on pouvait déjà en apercevoir celles dont la hauteur dépassait celle des arbres. .

C’était impressionnant !

 

Dès l’arrivée au camps, nos hôtes nous ont chaleureusement accueillis et installés sous les yourtes sans perdre de temps.
Avec le froid qu’il faisait à l’extérieur, il fallait qu’on reprenne des forces et qu’on se repose un petit peu avant de ressortir, et puis de toutes façons, les rennes n’étaient pas encore rentrés de leurs journée de broutage .  

 
Fidèles à leurs habitudes et généreux comme ils sont, nos hôtes nous ont servis tous ce qu’ils avaient en guise de bienvenue : du pain, du beurre, de la confiture, du thé et du lait ; tous fait maison bien évidement. Cela nous a fait énormément plaisir d’autant plus qu’on s’y attendait pas du tout.
A vrai dire, nous nous sommes beaucoup documentés avant cette visite et nous savions qu’à cause de leurs ressources très limités, il fallait prévoir et emmener notre propre nourriture. On ne voulait en aucun cas toucher à leurs provisions et cela nous a révolté de voir d’autres voyageurs le faire !


D’ailleurs, pendant tous notre voyage en Mongolie, on ne visitait pas une famille nomade sans lui apporter un petit quelque chose en guide de remerciement. Cela leur fait énormément plaisir et puis c’est la moindre des choses lorsqu’une famille –aussi modeste soit-elle- t’ouvre les portes de son foyer. 

 

Bref, le temps de la sieste, les rennes rentrèrent et tous les membres de la famille s’exécutèrent à les attacher aux petits piquets sortant du sol. De cette façon, les bêtes étaient regroupées autour du camp, et les chiens –bien dressés pour ca- pouvaient veiller sur elles et les protéger contre les loups.
Dès les premiers abords, les rennes n’avaient pas du tout l’air d’avoir peur. Bien au contraire, ils nous regardaient sans bouger et suivaient attentivement tous nos faits et gestes.

 

Certains étaient déjà allongés et prêts à dormir, d’autres se déambulaient gracieusement autours du piquet comme pour nous dire : regardez-nous!

Et effectivement, nous avons passé un bon moment à les admirer de loin avant de nous en approcher.

Ces créatures étaient majestueuses et tous simplement magnifiques.

Leurs cornes, couvertes d’une légère couche de fourrure étaient bien plus grandes que ce qu’on avait imaginé.

Ils étaient grands et impressionnants

 

Le guide nous informa alors que les rennes sont bien plus résistants à la neige que les chevaux et que les mâles peuvent porter jusqu’à 90kg.

Ils nous expliqua aussi qu’ils se nourrissent uniquement de mousse, de lichen et d’herbe qu’ils arrivent à atteindre sous la couche de neige et que leur lait extrêmement nutritif est parfois donné aux bébés car il peut remplacer le lait maternel .

 

Entre câlins, photos et émerveillement, la nuit était tombée sans qu’on ne s’en rende compte.
Ce soir-là, nous nous sommes tous rassemblés, avec les autres voyageurs, sous le même toit, afin d’écouter les histoires passionnantes, racontées par le chef de la famille, et traduites par notre adorable guide anglophone. Une soirée conviviale et très amusante.


La cheminée adoucissait certes les soirées et les débuts des nuits, mais à un certain moment, lorsqu’on dort tous et que le feu s’éteint, le froid redeviens insupportable.

Si insupportable qu’on gèle même à l’intérieur des sacs de couchage et sous les couvertures.  
Et dire que ce n’était que l’automne !

C’était déjà pour nous un vrai challenge de supporter ces conditions pendant les quelques jours passés avec les Tsataan, et imaginer qu’ils peuvent vivre ainsi toute l’année voire toute une vie, on ne peut qu’en être impressionnés.
En effet la force physique et morale de cette tribu nous a complètement fasciné.  

Ils parviennent malgré leurs ressources très limitées, à survivre aux conditions climatiques extrêmes qu’ils endurent, à s’adapter rapidement à la nature qui les entoure malgré les changements très fréquents, et surtout à subvenir aux besoins de leurs familles et de leurs animaux, tout en gardant leurs sourire et en proclamant haut et fort leur fierté d’appartenir à cette tribu.  

 

 

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