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Volontariat chez une famille nomade en Mongolie

November 1, 2018

 

 

Cela faisait partie de notre Bucket List depuis longtemps ; vivre sous une yourte avec une famille de nomades mongoles, les aider avec les taches du quotidien et expérimenter leurs style de vie différent et tellement fascinant. 

 

 

En cherchant sur internet, nous avons su que certaines agences locales et même des profils workaway proposent ce genre d'expériences: payer pour passer du temps avec une famille nomade. 

Cela ne nous a pas enchanté et ce pour plusieurs raisons.

D'abord, payer pour faire du bénévolat, nous sommes contre. Cela s'inscrit dans le concept du volontourisme auquel nous n'adhérons pas toujours. Ensuite, nous doutions que les agences proposant des prix qui varient entre 30 et 50 dollars par jour, n'allaient pas en donner plus que 10 à la famille en question. Ce doute a été confirmé après avoir vu comment cela se passe sur place. Enfin, nous avions peur que l'expérience perde de son authenticité si nous étions placés chez une famille habituée aux touristes et qui n'avait pas vraiment besoin d'une aide physique mais plutôt financière. 

 

Bref, en cherchant plus profondément, nous sommes finalement tombés sur la perle rare: Bayara , un homme qui cherche des volontaires à placer gratuitement chez les membres de sa propre famille. (son contact en bas de l'article)
Ces personnes la ont besoin d'une vraie aide physique, surtout en cette période de l'année, ou la plus part des familles nomades fuient le froid et changent d'endroit.

En plus cela se passait au alentours du village Khatgal et du lac khovsgol, ce qui correspondait parfaitement avec notre plan de monter vers le nord avant de poursuivre l'aventure vers tsatanuur, Olgi, desert de gobi etc .. 

(infos pratiques sur comment s'y rendre en bas de l'article)  

Khatgal village

 

Appelé aussi Hatgal, ce village aux airs"vintage" et à l’atmosphère détendue est situé dans la province de khovsgol. 
Il est composé de jolies maisonnettes en bois qui ressemblent drôlement aux dessins qu'un enfant de primaire ferait: des toits colorés à deux versants, des clôtures en planchettes de bois, deux fenêtres et une porte au milieu, une cheminé, et même une niche pour le chien qui garde la maison
.

 

Avec le ciel bleu, et la neige qui n'arrive pas à fondre malgré le soleil qui brille, on s'est vraiment cru à l'intérieur d'un cahier de dessins. C'est beau, c'est gaie et c'est apaisant. 

Après les 18h de bus depuis la capitale, nous avons préféré passer la nuit dans un homestay au village pour nous reposer un peu avant de rejoindre la famille chez laquelle nous allions faire du bénévolat.  

Khovsgol lake

Situé au pied du village Khatgal, khovsgol est le deuxième plus grand lac de la Mongolie. Il s'étend sur une superficie qui dépasse les 2500km² et est considéré comme le lac le plus profond et surtout le plus convoité du pays. 

En plus de ses eaux miroitées, la foret qui l'entoure lui donne un charme exceptionnel; des arbres élancés, vêtus d'une somptueuse robe automnale et des animaux éparpillés par ci par la, à la quête du petit bout d'herbe que les feuilles mortes n'ont pas caché.
L'endroit était si calme qu'on pouvait entendre les battements d'ailes des aigles qui survolaient le lac.
Passant une nuit supplémentaire au Hatgal village nous avons pu le temps de randonner autours du lac et d'explorer la foret qui l'entoure. Un incontournable selon nous.

 

   

 

Volontariat chez une famille nomade 

Après plusieurs échanges avant Bayara (l’intermédiaire), nous avons cru comprendre qu'il nous plaçait chez sa sœur puisqu'il répétait toujours: my sister.  Au final il s'est avéré que c'était le femme de son défunt oncle, et croyez nous, elle n'en était pas pour autant moins extraordinaire.Dès la seconde ou nous l'avons rencontré, son gros sourire accueillant nous a réchauffé le cœur. 
OG, prononcé Aute est une incroyable nomade mongole, vivant seule dans sa petite cabane d'automne délabrée.Elle n'était pas jeune, mais ne paraissait pas vielle non plus. Les années qui lui avaient dessiné quelques rides, n'ont heureusement pas réussi à éteindre l'étincelle qui brillait dans ses yeux.  

Sa cabane, aux conditions précaires et au confort casi-inexistant , était perchée sur une petite colline qui donne sur une rivière, une foret lointaine et des steppes à perte de vue. Pas de réseau téléphonique, pas d’électricité et pas d'eau courante. Le décors de la petite maison dans la prairie mais en version hd quoi.
Même le fait de dormir par terre sur nos matelas gonflables et de devoir faire notre toilette entre 4 planches en bois, étaient largement compensés par les magnifique paysages auxquels nous avions droit dès le réveil. 

 

OG avait une dizaine de yaks et une vingtaine de chevaux. Pas de chèvre ni de moutons (heureusement! vous saurez plus tard pourquoi)

Elle était auto-suffisante. Elle se nourrissait de la viande et des produits laitiers de ses animaux, se réchauffait au feu du bois qu'elle coupait, et buvait de l'eau de la rivière qui passe devant la maison. C'était vraiment impressionnant .

Bien qu'elle ne parlait pas anglais, son champs lexical très réduit suffisait amplement à nous expliquer quoi , où et comment faire les choses. Ses "yak'bébé" "yak'mama" "good good" "nice" "merciii" "river" raisonnent encore dans ma tête comme une mélodie. 

Oui Oui je n'exagère pas! j'estime que nous avons eu une chance incroyable d'être placés chez OG qui -au bout d'un petit moment- n'était plus juste qu'une femme qu'on aidaient mais plus tôt une maman adoptive! 
Contrairement aux autres hôtes qui ont accueilli nos autres compagnons de voyage, elle était si aimante et attentionnée qu'on n'avait nullement l'impression de travailler pour elle. C'était plutôt deux petits fils qui aidaient leurs mami dans les taches du quotidien. 

Le travail n'était pas dur du tout, OG nous a assigné les taches qu'on devait accomplir dès le premier jour, et depuis, c'était presque les mêmes tous les autres jours.  

On se réveillait en douceur le matin, pas d'horaires précise ni de pression, on prenait le petit déjeuné ensemble, du lait de Yak, du café, du beurre fait maison, des tartines et du chocolat à tartiner (parce que Cha ne s'en sépare jamais et parce que'en plus OG l'a adoré).
La plus part du temps, on se réveillait après elle, et on la trouvait à notre chevet entrain de préparer la table et de rallumer la cheminé. Après ce petit moment convivial et plein de douceur, on partait ramener de l'eau de la rivière.
A peine revenus, OG commençait déjà à préparer le déjeuner. C'est vrai que sur ce point, on était presque tout le temps entrain de boire ou de manger quelques chose avec elle. Telle une grand-mère aimante, elle voulait tellement nous gâter que parfois on n'en pouvait plus.

Après le déjeuner ET la sieste, on sortait récolter la bouse des animaux pour la brûler et en faire du combustible!
Heureusement, elle n'avait que des yaks et des chevaux et donc de bonnes grosses bouses bien imposantes et régulières :p
Claire notre amie qui était placée chez une famille voisine elle, à du balayer des crottes de biques éparpillés partout pendant des heures et des heures!

Après ce rituelle peu amusant et très glamour, on devait couper du bois pour la cheminé. Il devait y avoir assez pour nous garder au chaud pendant toute la nuit et la matinée suivante. Ceci dit, c'était mon activité préférée (Cha), Mak m'a appris comment faire sur le tas et depuis je coupe du bois dès que j'en ai l'occasion; Je trouve que c'est très apaisant. 

A 16h, c'était le moment de ramener les bébés yak dans l'enclos. Ou devrait-je dire le moment de COMMENCER à les ramener parce qu'en fait cette activité pouvait durer plus qu'une heure ou deux. Pour commencer on devait partir à leur recherche au large des steppes sans fin , les repérer de loin; de TRES loin, partir à leur recherche, espérer de tous nos cœur que ça soit les bons et enfin courir derrière pour qu'ils rentrent enfin dans l'enclos. C'était contraignant mais très amusant.. et bon pour la santé aussi :D

A 19h venait l’heure de la traite. Sans doute le moment le plus doux de la journée.

A cette heure-ci, il commençait déjà à faire frais et noir à l’extérieur.
Armée de son tout petit tabouret et de ses sauts légèrement rouillés, Vêtue de son deel le plus chaud et de son sourire le plus radieux, OG sortait toute contente à la rencontre de ses mamans yaks qui l’attendaient déjà impatiemment autours de l’enclos.
Celles-ci étaient habituées au rituel. On dirait même qu’elles l’aimaient bien.
Elles défilaient à tour de rôle devant OG qui, assise confortablement sur son tabouret, leurs massait les mamelles d’un geste gracieux et plein de tendresse.   
Quant à nous, on devait relâcher les bébés un par un pour qu’ils puissent téter leurs mamans garantissant ainsi une circulation plus fluide et un lait plus abondant.  
L’abondance à ce moment-là de la journée ne concernait pas seulement le lait, mais aussi la quantité d’amour qu’on pouvait observer tout au long du rituel de la traite.

L’amour et la gratitude de OG envers ses animaux et la manière dont elle les traite.
L’amour des bébés yaks qui reconnaissent et courent chacun vers sa seule maman une fois libéré de l’enclos.
L’amour des papas, qui eux aussi ne se séparent pas du troupeau et attentent calmement devant l’enclos.
 Et enfin l’amour des mamans yaks qui reviennent délibérément chaque jour vers OG lui témoignant ainsi leur dévouement total et leur confiance infaillible.

Rien de tels qu’une bonne dose de tendresse pareille pour finir la journée en toute beauté .

 Vers 20h30 il faisait déjà très sombre. C’était l’heure de rentrer à la cabane, garnir la cheminé avec le plus de bois possible , et glisser dans nos sacs de couchage en priant de tous nos cœur pour qu’il ne pleuve pas.

 

Ces quelques jours passés ses OG, nous ont rappelé la vraie raison pour laquelle nous voyageons.
Ce sont ces petits moments de déconnexion totale, ou RIEN n’est plus important que le moment présent.
Ce sont ces instants de la vie simple, minimaliste mais d’une valeur inestimable.

Cette fatigue physique qui s’en prend à ton corps mais qui n’y change absolument rien car tu es heureux.
Cette immersion culturelle tellement intense qu’elle te fait oublier qu’en fait, tu n’appartiens pas vraiment à ces endroits.
Cette satisfaction et ce contentement de peu qui te fais réaliser à quel point tu as de la chance de posséder ce qui ne s’achète pas…
Cet état d’euphorie qui te stimule et qui fait sortir tous ce qu’il y a de meilleur en toi ..

Ce sont ces moments , qui nous confirment que nous avons fait le bon choix ..  

 

Infos pratiques 


Se rendre à Hatgal depuis Oulan-Bator 

Pour se rendre au village Hatgal depuis la capitale Oulan-bator, il faux prendre un bus qui dure entre 15 et 20h vers Morun , et puis de Morun à hatgal un taxi/voiture de 2h .
Le bus de UB vers Moron coute 38000 tugrik et la station s'appelle Songino-Khairkhan. 

Une fois à Morun , plusieurs voitures attendent devant la station de bus, nous avons pu négocier une voiture pour 40000 tugrik. 

 

Contacter l’intermédiaire pour vivre l'expérience de bénévolat  

Il s'appelle Bayara, il est mongole mais parle parfaitement anglais. 

Il est joignable sur son facebook mais si vous êtes déja en Mongolie, vous pouvez aussi l’appeler sur son numéro de téléphone.

PS: Demandez à être placés chez OG, c'est chez elle que vous vivrez la meilleure des éxpériences. 

 

On espère que l'article vous a plu !

n'hésitez pas à nous laisser vos feedbacks

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